Historique

Première bannièreCe corps de musique, plus que centenaire, est né en 1895, mais il n'est pas la première fanfare du village. Les archives évoquent une autre société en 1882, qui est en proie aux difficultés de recrutement: en effet, les musiciens ne sont plus que cinq ou six. Il semble pourtant que ce groupe appartient à l'Union instrumentale de Cernier et de Fontainemelon. Les membres du village insistent pour obtenir une salle d'école dans le Vieux Collège, les vendredis soirs à quinzaine, pour effectuer des répétitions complémentaires.

En 1895, les pionniers se nomment Auguste Soguel, président; Arthur Vuilleumier, secrétaire; Jules-Auguste Jeanmaire, Edouard Matter, Jules Jaquet, Théophile Salchli, Conrad Becker, Charles Baillod, Arthur Fesselet, Fritz Gafner, Alfred Widmer, Georges Huguenin, Joseph Decrind (deuxième président), Armand Berthoud, Gottlieb Betschen, Léon Vuilleumier, Samuel Hurni et Emile Schneider. Wilhelm Rodez et Charles Amez-Droz assurent la direction.

Seconde bannièreEn 1898, la fanfare participe, avec les autres corps de musique du Val-de-Ruz, aux manifestations du cinquantenaire de la République et Canton de Neuchâtel ainsi qu'au Tir fédéral, occasions uniques de présenter sa première bannière, remplacée en 1920 et en 1963.

Ce ne sera que le 2 juin 1901 que l'Ouvrière sera équipée d'uniformes, changés en 1948, 1968 et 1995.

Les procès-verbaux égrènent les sollicitations et les devoirs de la fanfare: commémorations et fêtes diverses (celles du centenaire en1948), ventes paroissiales et cultes, prises et remises du drapeau, aubades à Landeyeux et dans le village, réceptions d'autres sociétés locales, inaugurations, etc. La tâche est rude mais la tradition de célébrer Noël en musique avant d'aller déguster un petit déjeuner, préparé par Eliane et Pierre Tripet, est de nature à renforcer l'amitié et réchauffer les instrumentistes transis.

Sur le plan musical, l'ensemble est formé de sociétaires aux talents divers, parfois au désespoir du directeur lorsqu'un registre n'est pas à la hauteur de l'enjeu dans un concours. Dans l'absolu, on ne peut manquer une répétition et la fréquentation est le souci premier de tous les présidents d'où l'usage d'offrir des récompenses aux plus fidèles. La société doit aussi concilier la tradition et les expressions nouvelles: jazz, country, lambada, etc.

En 1995, l'Ouvrière fête ses cent ans d'existence par des festivités musicales et l'on mesure le changement parcouru en voyant l'élément féminin croître dans le corps de musique.

Les textes et images ci-dessus sont extraits du livre de Maurice Evard, Fontainemelon, chronique d'un village industriel, aux éditions de la Chatière.